| "Comparable à d’autres grandes pentes des Alpes comme la nord-est des
Courtes, la face est du Cimet appartient à cette catégorie de descente
qui n’est pas objectivement tout à fait extrême (à peine plus de 45°)
mais qui est néanmoins extrêmement éprouvante sur le plan
psychologique. Cela tient je crois à l’impression de ligne de fuite
qu’on ressent visuellement sur ces pentes larges et uniformes ; et ce
bien plus que dans un tortueux couloir où le regard se fixe sur les
bordures, même s’il est plus raide. (...)Son exposition extrême due à
la barre rocheuse inférieure est un repoussoir plus psychologique que
réel puisque à ce niveau de difficulté la chute est de toutes façons
interdite. Vu son orientation et son instabilité, il est peu probable
de pouvoir réaliser une descente en neige froide (la corniche sommitale
est là pour rappeler que les plaques sont ici très fréquentes). C’est
donc en neige transformée qu’il faudra probablement l’envisager avec la
promesse de grandes courbes « hurlant de plaisir » dés que la traversée
sera derrière... Le plaisir inouï qu’on ressent à l’issue de ce genre
d’entreprise relève de cette succession d’une tension extrême et d’un
relâchement absolu. Puissent ceux qui n’ont jamais pratiqué ce type de
ski faire des parallèles avec d’autres sports ou tout simplement avec
d’autres plaisirs de la vie pour respecter et comprendre ceux qui s’y
adonnent." |
![]() texte : Hervé Foucher |